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Yann Vincent précise que le Groupe PSA gère un parc industriel dans lequel les usines anciennes, comme celle de Mulhouse, côtoient les dernières nées, à l'image de celle qui ouvrira en 2019 à Kenitra, au Maroc. Le groupe automobile améliore en continu ses sites et y intègre les ruptures technologiques qui apportent le plus de valeur à l'entreprise.

L'USINE HISTORIQUE

Constat de départ, l'appareil existant est surdimensionné par rapport aux besoins, en taille comme en capacité :

• Les usines de grande taille coûtent cher en énergie, en maintenance et en management.
• Les sites construits pour l'intégration verticale des équipementiers s'adaptent mal à une conception plus modulaire consistant à fabriquer moins de pièces en interne avant l'assemblage.

Le Groupe PSA réussit à traiter ces questions avec succès. Par la qualité opérationnelle et par la technologie.

« Nous comprenons aujourd'hui qu'avoir des usines extrêmement compactes est un facteur de performance majeur. »

L'USINE EXCELLENTE

Est jugée « excellente », une usine dont la performance, mesurée à partir d'une dizaine d'indicateurs, se situe au meilleur niveau mondial.

Pour chaque site, chaque année, le constructeur automobile définit l'objectif-cible et le référentiel en termes de processus et de fonctionnement : l'implantation, les process, l'organisation humaine de la production, les objectifs en termes de coûts et la manière de gérer l'écart par rapport à la cible. Cette première approche, assez classique, s'inspire du Kaizen, une démarche d’amélioration concrète réalisée dans un temps très court. Les équipes identifient elles-mêmes les potentiels de progrès, décident des solutions et les mettent en œuvre.

« L’usine excellente, c'est quelque chose que nous définissons comme un phare, le phare vers lequel nos différents patrons d'usine s'orientent. »

L’USINE DU FUTUR

Le Groupe PSA s'attache à une veille technologique et à un questionnement très pointu sur les nouvelles technologies liées aux processus de fabrication. Des innovations intégrées dans l'appareil productif pour atteindre l'objectif que l’entreprise s'assigne :

• disposer d'un système productif ultra agile ; ;
• être capable de lancer de nouvelles productions en un temps record ;
• attirer les meilleurs talents dans ses lieux de production.

« Il y a véritablement une avalanche d'évolutions technologiques dans le domaine des processus, ce qui représente une rupture considérable par rapport à l'époque où l'innovation se portait majoritairement sur le produit. »

L'USINE CONNECTÉE

Le Groupe PSA a identifié trois briques technologiques qui guident l’évolution de l’outil productif : le digital, le big data et la cobotique.

En premier lieu, le digital qui modifie les méthodes de travail. Le numérique est présent depuis la conception du produit jusque à l'atelier du distributeur. De ce fait, les boucles de retour entre les acteurs sont beaucoup plus courtes qu’auparavant. Le travail n'est plus séquentiel, il est parallélisé, permettant ainsi des réductions très significatives du time to market (délai de mise sur le marché).

Le deuxième levier est le big data. La constitution de gigantesques bases de données permet d’améliorer la prédictibilité de la demande commerciale, élément décisif pour réduire les conflits entre les contraintes de fabrication et celles de livraison au client.

Enfin, la cobotique, c’est-à-dire l’interaction entre les robots et les opérateurs humains. Elle révolutionne également les sites de production en permettant notamment de rendre l’organisation de l’usine beaucoup plus souple et flexible.

« Cela fait des années que nous utilisons des logiciels de calcul et que nous modélisons des process. Ce qui est nouveau c'est la connectivité que nous mettons entre tous les outils. »

L'USINE AGILE ET FLEXIBLE

L'usine de demain sera pratiquement démontable. Toutefois, elle ne sera pas totalement digitale et automatisée. Le partage des tâches entre robots et ouvriers restera stable. Pour l'avenir, la réflexion porte sur la manière dont les opérateurs de fabrication moins qualifiés pourront s'approprier les applications de réalité virtuelle pour mieux apprendre et s'adapter aux changements d'environnement professionnel. A l'évidence, dans l'usine du futur, l'homme aura sa place.

« L'industrie automobile d'un côté est très capitalistique, avec des process très sophistiqués, et de l'autre côté repose énormément sur l'homme, notamment sur des opérateurs peu qualifiés qui sont finalement garants de la qualité de nos voitures. »

Le Groupe PSA en quelques chiffres :

Trois marques : Peugeot, Citroën et DS.
2e constructeur automobile européen : 11,8 % de part de marché.
Chiffre d'affaires : 54,7 milliards d'euros en 2015.
Effectifs : 184 107 collaborateurs dans le monde dont 83 930 en France.
Production : 2,973 millions de véhicules vendues en 2015, dont 62,7% en Europe.

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