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Intervenant dans le cadre de l’Observatoire de l’Excellence Opérationnelle 2015, Clara Gaymard témoigne de la métamorphose qu’a connue le groupe General Electric (GE) ces dernières années. Deux faits majeurs l’illustrent : d'une part le rachat de la branche énergie d'Alstom par General Electric, d'autre part, la cession de GE Capital, la partie financière historique du groupe. Des changements qui ont généré trois grandes transformations : 

• un redéploiement industriel ambitieux ;
• un développement accéléré des solutions environnementales ;
• une conversion à l'innovation digitale. 

UN REDÉPLOIEMENT INDUSTRIEL À L'ÉCHELLE MONDIALE

General Electric a connu une redistribution géographique importante de ses activités. En 2001, les implantations industrielles de GE étaient situées à 70 % en Outre-Atlantique. 15 ans plus tard, 75 % des sites sont situés en dehors des Etats-Unis. L’entreprise a également modifié en profondeur son portefeuille d’activités pour se recentrer sur son métier historique.

En 2018, avec la fin de la vente de GE Capital- l'entité financière du groupe, General Electric deviendra à 90 % un fabricant industriel. C'est dire l'ampleur de la transformation impulsée par Jeffrey Immelt, CEO au niveau mondial. Des changements importants en découlent : nouvelle gouvernance, évolution des systèmes de pilotage et empowerment des équipes locales, c’est-à-dire donner favoriser la prise de décision au plus près du terrain, en responsabilisant les collaborateurs.

« Il s’agit vraiment d’une mutation complète d’une entreprise américaine présente à l’international, en une entreprise internationale aux racines américaines ».

LA NOUVELLE DONNE ENVIRONNEMENTALE

« Si nous arrivons à aider nos clients à développer des solutions environnementales, nous gagnerons face à la compétition », c’est le mot d'ordre lancé par Jeffrey Immelt dès 2005 et résumé par le concept « ecomagination ». Sa vision pour le groupe : General Electric doit « répondre aux besoins vitaux de la planète avec des produits hautement technologiques » en s’investissant dans quatre domaines : la santé, le transport, l’énergie et l’eau.

La contrainte environnementale est une chance pour GE : la rareté des ressources oblige chaque jour le groupe à se réinventer pour améliorer la productivité.

« La combinaison de la rentabilité économique et du respect de l’environnement sont, pour nous, une opportunité de marché. »

LE MARIAGE DE L'ÉNERGIE ET DE LA TECHNOLOGIE

Le rachat en 2015 de la branche d’Alstom dédiée à l’énergie renforce considérablement GE. Le groupe est désormais en mesure d’apporter à ses clients toutes les solutions possibles dans ce secteur, tant dans la production (gaz, charbon, vapeur, mais aussi énergies renouvelables) que dans la distribution.

Grâce à cette acquisition, deux pôles mondiaux de General Electric sont désormais basés en France : l'un dédié au renouvelable, l'autre au métier du grid (solution de transmission d’électricité).

« Nous avons 50 % de la base installée des centrales à gaz dans le monde, ce qui nous donne aujourd’hui une assise pour développer des nouvelles technologies et investir dans le renouvelable. »

L'INDUSTRIE À L'HEURE DU DIGITAL

General Electric se définit aujourd’hui non plus seulement comme une entreprise industrielle, mais comme une « entreprise digitale industrielle ». Une évolution qui se traduit notamment par la création du centre de San Ramon, près de la Silicon Valley. Ce site rassemble aujourd’hui plus de 1 800 personnes et crée des applications pour les métiers du groupe. C’est là qu’a été conçu le Predix Cloud, une plate-forme permettant aux partenaires et clients de GE de concevoir leurs propres applications et ce, de façon ultra sécurisée.

Conséquence de la révolution digitale, de nouveaux systèmes de pilotage apparaissent : hier pilotées par métiers, les organisations sont aujourd’hui structurées par technologies et par savoirs. GE a mis au point une base de connaissance partagée, le « GE store » qui permet à tous les métiers d’accéder aux savoir-faire et aux technologies du Groupe.

Cet outil suscite des modes de collaboration inédits. Un exemple concret : GE Aviation souhaitait optimiser le poids d’une pièce industrielle, sans y parvenir. Une consultation a été lancée en interne suscitant près de 1 000 réponses. C’est un jeune salarié indonésien qui ne connaît absolument pas le domaine aéronautique qui a trouvé la solution. Cela démontre que le savoir-faire est aujourd’hui complètement horizontal et complètement transversal.

« Nous avons connu l’ère d’Internet, l’ère des réseaux sociaux, nous connaissons aujourd’hui l’ère de l’économie collaborative, nous allons entrer dans l’ère du digital dans l’industrie »

General Electric en quelques mots

Entreprise fondée en 1889 par Thomas Edison, General Electric est aujourd'hui un groupe mondial de 300 000 salariés répartis dans 175 pays réalisant un chiffre d'affaires de 150 milliards de dollars. Réputé pour la fabrication de moteurs d’avion en partenariat avec le français Safran et son expertise, le groupe développe des produits et des services dans les domaines de l’énergie, de la santé, des transports et de la finance.

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